Crotte de nez et Arc en ciel

En 2010 après Jésus Christ, un type maigre, barbu, agé de 33 ans entre en scène. Sur scène précisément. Il s’appelle Stéphane, mais il préfère Boogers (« crotte de nez » en anglais) c’est plus « cool ».  Comme tout les maigres barbus de 33 ans, il s’est y faire avec sa voix. L’album « As Clean As Possible », son premier délit, nous le prouve

Boogers, c’est avant tout un enfulte ou un adulescent, enfin un de ceux qui n’ont que les poils qui poussent. Et l’album nous présente un homme enfant qui tient du génie, du messie.

« As Clean As Possible » est une merveille où on entend un homme orchestre qui a écouté, digéré, appris, et fusionné avec toutes les expériences sonores qu’il a rencontré. Et avec Succès.Du Pop Rock de « Anywhere » au Post Rock mélangé à du Dub dans « The Devil » en passant par du Stoner dans « Talk To Charlie » ou du punk version Ramones sur «Perfect Week »  , Boogers nous fait voyager à travers la B.O. de sa vie. Et pas une B.O. idiote. Un album construit, inclassable. Des influences Queens of the stone age, Gorillaz, Blur, The Clash, Sufjan Stevens, Talk Talk, Isis, Weezer, Blink 182, Ramones, The Stranglers ou Lee Scratch Perry (c’est une liste non exhaustive que je n’aurai jamais pensé faire un jour!).

Et à travers ses chansons, tout le monde s’y retrouve. Mémorable. Les styles s’entrecroisent comme les guitares du Monsieur. Des synthés en place, des samples qui tuent, des vagues d’énergie. On imagine des couleurs vives, on a hâte de revoir l’été!
Faire une longue chronique pour un album qui s’écoute ce serait scandaleux. Alors écouter et apprécier.
Pour la petite histoire, Boogers est français, et c’est un album ROCK, n’en déplaise à Denis Rostagnat!
http://www.deezer.com/fr/#music/boogers/as-clean-as-possible-744812



C’est fait.

Respect. Voilà un mot que Mr. Ungemuth ne connaît pas.

Voici les faits : Nicolas, chroniqueur  sur la divine plateforme Rock & Folk, et sur le moins divin Figaro magazine, nous fait la critique depuis quelques années de groupes de musique actuelle, des fois, ou plus ancien, souvent. Allant du Rock à la soul, le journaliste est peut être bien l’ultime mod -et un des rares qui fut en France-  admirateur de la freak beat. Tout ça aurait pu s’arrêter là. Aurait pu. Car Ungemuth (désolé pour les puristes mais je ne peux pas associé de particule à ce nom) à oublié comme tout narcissique qui se respecte, qu’il est journaliste. Vous savez cette fonction qui fait que des gens lisent ce qu’on écrit.

Ungemuth est un mod. Un mod des années 60. Un mod qui est mort en 70. Un mod has been. Un mod parisien. Une de ces caricatures de parisien pédant, qui sur son Vespa veut se différencier des autres (les gens normaux) en crachant sur tous les artistes estompé 80’s, 90’s et plus.

Nous sommes en 2011, le rock devient plus une mode vestimentaire qu’un renouveau de la musique, c’est vrai. Mais il reste des groupes qui rafraîchissent les oreilles. Il reste des décennies de culture musicale à inventer, écouter, remémorer, partager. Il reste des millions d’artistes à travers le monde, qui ont révolutionné le rock et la culture mondiale. Il reste des millions d’autres à venir. Il reste des vinyles, des cd, des K7. Des vrais concerts, ou en DVD. Il reste le rock, le hard rock, le métal, le rock progressif, le grunge, le stoner, l’indépendant, l’industrielle…
Le journaleux, lorsqu’il office chez R&F, s’occupe des rééditions. A l’heure où je vous parle, on fête Pearl Jam, Nirvana, Sonic Youth, Smashing Pumpkins ont plus de 20 ans. Queen, Pixies, The Cure ont plus de 30 ans. Pink Floyd, Led Zeppelin c’est plus de 40 ans NICOLAS!! Tous ces groupes tu les as classé « pire groupe de l’histoire ». Et je ne parle pas des critiques de rééditions auxquelles on a droit.

Nicolas, la Terre tourne toujours, le rock aussi. Devant la vitre de ton Scooter, il y a des années de groupes cultes. Et cracher sur ces groupes, c’est cracher sur ses lecteurs, sur l’histoire, et sur son passé, parce que neuf mois avant ton arrivée, tes parents t’ont peut être conçu sur du Pink Floyd. Et aux noms des justiciers, j’espère que le Doc inventera une Deloreane volante, pour t’aider à retourner en 65 (cette référence je te l’offre, tu ne dois pas savoir ce que c’est, vu que c’est sorti en 1985).

 


Lettre à Denis Rostagnat

Monsieur,

J’ai pu voir une vidéo de votre intervention auprès des étudiants de One School, où vous leur expliquez que le rock ne marche pas.
Comment vous dire…ça ne marche pas parce que des gens comme vous, qui vous ont précédé et qui vous suivront, décident pour les gens de ce qu’ils doivent écouter, et font d’eux des débiles avec des goûts de merde aussi impersonnels que ridicules. Vous aviez le mérite de faire passer votre radio légèrement au-dessus de ça, vous allez la faire basculer dans la pire des stratégies mercantiles et la laisser devenir aussi moisie et peu respectable que les autres.
Après, ça changera rien pour les gens qui ont compris que les radios françaises n’avaient aucun intérêt. Disons qu’avec la votre, ça fera une de moins. Au nom des amateurs de musique qui survivent à vos pérégrinations cupides, je vous souhaite bon courage dans votre conquête d’un public féminin, qui écoute déjà les autres radios déplorables qui polluent les ondes françaises. Vous êtes des nuls, comme les autres. Devenir une radio pourrie de plus ne sert à rien.
Vous nous saoulez.

Cineman : le nanar même pas sympathique

Dieu sait pourtant qu’il y a des choses dont il vaut mieux ne plus jamais parler, une fois qu’elles ont fini d’exciter les réseaux de l’actualité. Comme les plaques d’eczéma qu’il ne faut pas toucher une fois qu’elles ne démangent plus, ou les croûtes de pus qu’il ne faut surtout pas arracher. Mais moi, dingue parmi les dingues, j’ai voulu revivre un atroce cauchemar cinématographique qui a plongé la France entière dans la plus sordide des torpeurs en 35 mm en l’an de grâce 2009. J’ai affronté le Cineman de Yann Moix, ovni abracadabrantesque au potentiel régurgitatoire très sous-estimé, même par les critiques les plus acerbes en proie au snobisme de la caution culturelle, et par les cinéphiles les moins enclins à tolérer les frasques maladroites de réalisateurs au sens artistique un peu trop personnel.

J’ai longtemps hésité avant de lancer le divx du film. J’ai délibérément choisi ce format putride de dégueulasserie tant visuelle que sonore pour donner à l’oeuvre toutes les chances d’exploser à mes sens sous ses atours les plus entiers. J’avais peur de me noyer dans un puits sans fond, de redécouvrir un néant abyssal dont même les pires séries allemandes peinent à définir clairement les contours. Il m’a suffi d’un élan de courage, d’une heure et demie de temps libre et d’une pression timide sur un bouton play qui semblait me crier de ne le toucher sous aucun prétexte pour comprendre ma douleur.

Le pitch tient en deux phrases, certes lourdes, mal construite et parfaitement absurdes, mais en deux phrases quand-même : Franck Dubosc, alias Régis Deloux, professeur de mathématiques dans un lycée lambda de Montreuil-sous-bois, vit une existence moribonde entre ses élèves débiles, son appartement en décrépitude hérité de ses parents, et son incapacité chronique et légitime à séduire la moindre gourdasse dépressive et repoussante. Heureusement, grâce à l’aide de Pierre Richard, de Michel Galabru, et à la découverte d’un médaillon magique abandonné par une actrice anglaise aujourd’hui décédée sensée incarner une sorte d’alter ego de Romy Schneider en un poil plus borderline et en brune, il va se retrouver propulsé justicier multi-casquettes dans une série de grands classiques du cinéma pour sauver la belle british des griffes d’un méchant Autrichien mal campé par un Pierre-François Martin-Laval pathétique dans une totale perdition comique.

Dubosc qui fait du Dubosc, c’est ridicule. Autour, les autres ne font rien, c’est à peine s’ils le regardent s’enterrer vivant dans un tas de fumier trop gros pour être vrai. D’une monstrueuse lourdeur, les gags s’enchaînent assez lentement pour être digérés avant même leur mise en bouche, et laissent un arrière-goût rance à faire passer un MonChéri pour de la pâte d’amande. Toutes les répliques oscillent entre le franchement moisi, le téléphoné-faxé-mailé-smsé “si t’as pas compris je te l’écris sur la rétine à l’encre de Chine ou au burin”, et le désastre surnaturel. Dubosc, pantin déguingandé trimbalant son humour de vieux beau érotomane, agite sa croupe dans des reconstitutions putréfiées de monuments du 7eme art comme un mec bourré qui chie dans l’urgence derrière un utilitaire en plein jour.

C’est navrant, fatigant, désarmant de nullité. C’est peut-être du nullisme, un nouveau courant artistique serait né sous nos yeux ébahis sans même qu’on s’en soit rendu compte. Merci Yann Moix pour ce moment unique, la visite d’un trou noir en différé, directement de chez soi. J’ai eu peur d’être aspiré, à un moment, mais j’ai survécu. Je crois qu’à la fin, pour synthétiser les résultats de cette expérience aux frontières de la lobotomie par imposition d’images, j’ai pété. La boucle était bouclée, qu’elle le reste à jamais.


Juste “True Grit”

Vous avez du “temps libre de cerveau” à dépenser? Ce soir, il n’y a pas de concert de Startruckers et du coup, vu que vous n’écoutez qu’eux, vous vous dites “j’irai bien au cinéma tiens!”. Et bien vous avez raison QUE si vous allez voir “True Grit” des frères Coen.

Le pitch en quelques mots : Mattie Ross, une gamine de 14 piges qui a peur de rien, veut retrouver Tom Chaney, le mec qu’a tué son père et volé sa jument. Comme les hommes de loi de l’Arkansas ne veulent pas s’en occuper, elle engage Rooster Cogburn, un marshall alcoolique mais bien qui a des couilles, et très vite ils se retrouvent sur le territoire indien d’à coté sur les traces de Tom Chaney et Lucky Ned.

Ce film est déjà un box office chez les copains d’Amérique en mal de western. Pour ma pomme, je trouvais triste de voir les cowboys de plus en plus gay et de moins en moins héroïque. Et là vlan! Des méchants stéréotypés, des gentils qui ont peur de rien, des chevaux, du whisky, des clopes roulés. Il y a même des lassos! Du coup on passe le temps du film avec un petit sourire en coin, et on retrouve nos yeux et sourire d’enfant. On s’imagine sur les genoux de papa en train de regarder “le bon, la brute et le truand”.
Les Coen bros. ont réussi de manière magistrale à faire revivre le western d’antan. Ni chef d’œuvre, ni navet, juste ce qu’il faut. Et franchement sortir du cinema sans entendre des millions de critiques idiotes et voir des gens contents, c’est tellement rare.
A souligner aussi les interprétations de Jeff Bridges et Matt Damon, qui redonnent vie aux cowboys qu’on a aimé, et Hailee Steinfeld, la gamine que tout le monde aurait voulu être!

Donc en résumé : amoureux ou non des western, on trouve tous un peu de bonheur dans ce film sans prétention. À voir tout simplement.


GIMP#1 – Kula Shaker – ‘K’

Il y a des groupes qui marquent leur temps, leur époque, qui sont les chefs de file d’un mouvement, tel un Black Sabbath, un Nirvana, ou même un Oasis. Des formations que même les moins érudits vont connaître, avoir entendues à la radio, sur une compil, juste de nom, ou que sais-je encore…

Et puis il y a les GIMP! Les Groupes Injustement Méconnus du Public, comme j’aime à les appeler. De véritables pépites, qui sont sorties dans l’indifférence la plus générale, que ce soit juste le temps d’un album, d’une période, d’une tournée, …
Et parmi ces GIMP, il y a Kula Shaker, groupe que j’ai découvert avec leur clip ‘Tattva’, un dimanche soir des années 90 sur MCM (à l’époque où l’on pouvait encore voir de la musique digne de ce nom sur notre petit écran, et où les clips n’étaient pas qu’un défilé de pouffiasses photoshopées abusant et surabusant du Vocoder et d’Autotune).

Bon, GIMP, GIMP, ok, … Kula Shaker est sûrement méconnu en France, mais pas en Angleterre, où leur premier brûlot : ‘K’ (1996) s’est placé #1 des charts UK, devenant à l’époque le disque vendu le plus rapidement chez nos cousins d’outre-Manche depuis ‘Definitely Maybe’ d’Oasis.

Bref, c’est donc en plein sommet de la vague Brit-pop que Kula Shaker voit le jour et accouche d’un disque surprenant, empreint de mysticisme, de psychédélisme, d’hindouisme, et sûrement de psychotropisme. Une réussite artistique sur tous les points, c’est indéniable. Une sorte de ménage à 3 entre la Brit-pop pour son côté accessible (mais sans tomber dans la mièvrerie à la Oasis période post ‘Morning Glory’), l’énergie d’un rock 70’s survitaminé, bigmuffé, superfuzzé, tubescreamé et j’en passe, et, last but not least, l’ingrédient essentiel qui fait la marque de fabrique du groupe:  la culture traditionnelle indienne, grâce à l’utilisation de sitars, tablas, et autres instruments vous ouvrant les portes du nirvana (ou au pire celle de l’appartement de votre revendeur de LSD préféré), merci les Beatles, période Ravi Shankar!

Mais pourquoi vous parler de ce disque maintenant me direz-vous? Et bien tout simplement car par le plus grand des hasards, il y a quelques jours je vais chez mon disquaire, et quelle ne fut pas ma surprise lorsque en entrant, les accords enivrants de ‘Hush’ parvinrent à mes oreilles.
Interloqué par la musique, et faisant appel à ma mémoire je sors au vendeur un timide: ‘Hey, mais c’est Kula Shaker!?’
Et là, le chevelu m’a gratifié d’un sourire complice signifiant sûrement un ‘Nous sommes au moins deux dans ce bled à connaître ce groupe’, vous savez, cette connivence de l’érudit, de l’esthète, tels deux amateurs de vieux Single Malt, de bon Bordeaux, ou encore de Havanes de qualité. Car oui, écouter ‘K’ c’est comme ouvrir une boite de Romeo y Julieta, ou encore les portes d’une distillerie de Scotch, c’est plein de saveur, ennivrant, et (en)fumé!

Acintya bheda bheda tattva!


Easy Rider – Dennis Hopper (1969)

Si vous croyez dur comme fer dans l’existence de Voix de la Génération et que vous rêvez de chevaucher cheveux au vent, une belle grosse cylindrée, si vous consommez de la drogue et que le rock (le vrai) est votre religion, si vous mangez régulièrement à KFC et enfin si vous sentez l’urgence de donner un sens à votre vie et que vous êtes prêts pour cela à tenir tête à vos parents et à leurs règles bidons de couvre-feu alors Easy Rider est fait pour vous.

Nan mais sans déc’, j’ai l’ai revu il n’y a pas très longtemps et pour un film qui a quand même plus de 40 ans maintenant, il n’a pas trop mal vieillit. 1969 donc, année érotique ? Pas exactement, road trip psychédélique pas vraiment à l’Ouest pour le coup mais plutôt vers le Sud de l’Amérique et en choppers s’il vous plait, qui aura permit à Dennis Hopper de rafler le Prix de la Meilleure Première Oeuvre au Festival de Cannes la même année.

Un petit pitch (parce que c’est bon dans ta poche) s’impose : Billy et Wyatt (aka Captain America, un collègue à nous), deux jeunes motards décident,(après une vente considérable de coke qui leur a rapporté bonbon à Los Angeles), de prendre la route pour se rendre en Nouvelle Orléans afin d’assister au Carnaval. Suite à une participation illégale à un défilé (c’est ça de fréquenter les hippies) ils font un détour par la case prison et font la connaissance de George Hanson (le rôle qui a véritablement révélé Jack Nicholson). Les trois compères se lancent alors à la découverte d’une Amérique conservatrice et raciste qui refuse l’évolution. Le film relate leurs péripéties, leurs rencontres, et leurs trips sous acides ainsi que les hallucinations qu’ils engendrent jusqu’à la fin tragique mais je me refuse catégoriquement de faire ma “spoiler-euse” plus avant.

Easy Rider, et vous l’aurez compris est une sorte de métaphore de la contre-culture américaine, de la morale alternative. Idéologiquement ça envoie même si la manière de mettre en scène l’idée n’est pas très subtile, plutôt du style ”les gros pieds dans le gros plat”, esthétiquement l’ensemble est plutôt approximatif et vraiment mais alors vraiment prétentieux mais tellement vrai, touchant et dépaysant avec en fond sonore Iron Butterfly, Jimi Hendrix ou encore Bob Dylan. Easy Rider en vérité, est une sorte d’hommage à tous les marginaux, jusque dans les politiques pour des personnages qui ont essayé d’amorcer quelque chose de nouveau tels que Martin Luther King par exemple ou même les Kennedy, qui ont payé de leurs convictions avec perte et fracas et qui ont tristement terminé le combat les pieds devant.

Easy Rider donc, un film à voir et à méditer.


Seul contre Tous – Gaspar Noé (1998)

Seul contre Tous, en voilà un film qui rock, qui rock hard même et qui trash dans ta face.

Pour situer, il s’agit de la suite du premier moyen métrage de Gaspar Noé (1963-Pas encore mort) joliment intitulé Carne. Et en parlant de carne, je ne saurai que trop vous conseiller de lire Viande, l’ un des meilleurs ouvrages de la jeune auteure niçoise Claire Legendre, qui est également prof d’écriture dramatique et de sémiologie théâtrale à l’Université de Nice-Sophia Antipolis et qui en plus de cela, a d’excellents goûts musicaux.

Seul contre Tous donc, raconte l’histoire de Philippe, ex boucher chevalin (interprété par le grand Philippe Nahon) qui sorti de prison (car condamné pour avoir presque tué un mec qu’il soupçonnait d’avoir violé sa fille Cynthia alors que la pauvre mutique avait simplement ses premières règles) décide de remettre les compteurs à zéro, de s’offrir une nouvelle vie et d’oublier les sentiments troubles qu’il éprouve pour sa fille justement et qu’il a été contraint d’abandonner. Seulement, nous sommes en 1980, dans un trou paumé du Nord de la France et les amis ne répondent que rarement présents quand ils ne lui mettent pas des bâtons dans les roues. (Hyperventilée la Supafuzz, ai-je été claire? ^^)

Ce film “coup de poing” et vous verrez que c’est le cas de le dire, a permis a Noé de remporter le Prix de la Semaine de la Critique et le Prix de la Jeunesse au Festival de Cannes en 1998. Son oeuvre a cependant fait l’objet de nombreuses polémiques et a été refusée en bloc par les télévisions. Trop sale sûrement, ne serait-ce que pour les 25 secondes d’images pornographiques, à boire des sexes d’hommes, non simulées qu’elle contient.

Seul contre Tous, au contraire d’Irréversible (2002) ne se résume pas seulement à une suite d’images choquantes, à de la prouesse de montage et à un pénis en 3D…D’ailleurs c’est cool de se gaver de popcorn au ciné en regardant une Monica Bellucci sans défense, se faire sodomiser pendant 3 minutes!  Seul contre Tous lui, montre la vraie France du quotidien, à la manière de Zola ou de Henri Charrière, la saloperie de la vie pour quiconque n’est pas né sous une bonne étoile, le tout dans une esthétique détonante de la misère et c’est avec des moyens financiers quasi ridicules que Gaspar Noé est parvenu à ce résultat.

Il faut quand même avouer que ce film bat des sommets d’immoralité et qu’on ne peut en sortir indemne, c’est le genre de film à vous donner le mal de vivre pendant des jours voire des semaines, qui nous renvoit à l’adolescence, à l’époque où on jettait à la gueule de nos parents des phrases du style :  ”j’ai pas demandé à naître, moi!” et à renforcer l’idée que ouais quoi : ”L’enfer, c’est les autres”. Les rapports empoisonnés, les rapports infernaux ! comme le dit si justement Sartre. La vie ses affres et ses aphtes, en vérité.

Et je reviendrai pour terminer sur le protagoniste, qui en soi est un individu vraiment abject et méprisable, paranoïaque, pédophile, raciste, alcoolique, vulgaire, égoïste et débauché mais pour lequel on  ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie, un peu comme celle que l’on développe pour le personnage de Humbert Humbert dans Lolita de Nabokov.

Seul contre Tous en conclusion, un film à voir car pertinent et j’irai jusqu’à dire “nécessaire”, plus qu’une loghorrée (à la Irréversible pour le coup), il nous pousse véritablement à réfléchir et à agir en toute connaissance de cause.


Vitalogy qu’il est vital de connaitre

Il y a des albums comme ça qui ne vieillissent pas, qui deviennent parfois même des références, qui nous semblent parfaits de bout en bout, et qu’on aime à garder bien en vue sur la table de chevet.

Pour illustrer cette idée, je citerai bien quelques albums tous styles confondus tels que Murder Ballads de Nick Cave & The Bad Seeds, Alice de Tom Waits, Harvest de Neil Young, Revolver de les Beatles, Sabbath Bloody Sabbath de Black Sabbath et phoque Bono (d’ailleurs c’est à se demander s’il n’est pas gay), Dummy de Portishead, Welcome to Sky Valley de Kyuss,  Grace de Jeff Buckley (ticket gagnant de la dernière chance), Aenima de Tool, …Only a suggestion de Hermanéou (The Bottle, l’intouchable), 22 Dreams de l’immense et toujours surprenant Paul Weller (à écouter The Jam), Saturnalia de The Gutter Twins, Ten Stones de Woven Hand, Incesticide de Nirvana (en ce qui me concerne avec une affection particulière pour le morceau Stain), Ace of Spades de Motörhead, La Danse des Petits Cochons de François Corbier et puis difficile également de trouver des albums en deçà de leur niveau habituel pour des groupes tels que Alice in Chains, Metallica (même si le dernier, Death Magnetic est vraiment différent des productions antérieures), Sonic Youth ou les Stooges, bref, j’en passe et des meilleures.

Mais il est un album qui les surplombe tous, absolument incomparable, j’ai nommé Vitalogy de Pearl Jam. Le chef d’oeuvre, The King of Kings des albums, qui vous fait l’effet d’un pedigree de Triple H dès la première écoute et pour toutes celles qui vont suivre.
Petite mise en garde cependant : Vitalogy n’est pas le genre d’album à écouter pour se divertir et batifoler dans les prés avec un bidon plein de liquide toxique et en blouses blanches, non, c’est plutôt le genre à vous tordre les tripes comme un poing vengeur et à susciter chez les plus optimistes d’entre nous de sérieuses idées noires.
C’est vrai qu’Eddie Vedder n’est pas du genre super joyeux (Cf. B.O de Into The Wild), ni trop langue de bois (Immortality), ni vraiment délicat (Not for You), contrairement aux productions antérieures de Pearl Jam, c’est dans cet album que le chanteur s’impose véritablement. Il s’y livre sans pudeur, projette son ombre par delà tout ce qu’il avait fait avant et ça colle parfaitement avec la manière dont le groupe à abordé sa nouvelle technique de composition, plus éthérée, plus posée (qui se retrouve également dans l’artwork) qui lui fait place. 1994 marque la mort (suicide/meurtre ou accident ou les trois) de Kurt Cobain et Vitalogy cette année-là et par le biais d’un Eddie Vedder en colère et blessé, dans son écriture saccadée, à la fois énigmatique et rentre dans le lard (une manière d’écrire il faut l’avouer plus ou moins introduite par Kurt), apparaît comme une sorte d’hommage, de reprise du flambeau et marque un tournant dans l’histoire de Pearl Jam.

Vitalogy en conclusion, est l’une des plus belles productions des 90′ et témoigne de la naissance d’un nouveau chef de file du mouvement grunge.


Plongeon 80′s

Quel opportuniste, ce David Coverdale, quand même. Je le blâme pas, c’est peut-être mon chanteur préféré, avec ses intonations délicieusement bluesy, son grain un rien éraillé qui ramène le spectre de sa voix de velours vers le hard-rock raffiné, non sérieux j’adore. Mais le mec ! Il a quand même enregistré deux fois son tube “Here I go again”, juste pour dire “la première me plaît pas, dedans je dis “hobo”, les gens vont croire que je dis “homo”, alors je change en “drifter”, ça passera mieux.” Tu parles…

Bon, le résultat, c’est que la version de 1987 (sur l’album 1987, ça ne s’invente pas), lorgne vachement plus vers le hard fm que vers le blues-rock, et que même si dit comme ça ça pue le mauvais goût à des kilomètres, c’est mieux. Enflammé, le Dave, boosté par son amour immodéré pour la réverbe, les caisses claires qui bavent et les gros solos portés par des nappes de claviers vaporeuses. Il est au taquet.

Bref, depuis quelques semaines, je me replonge dans la carrière de ce groupe anglais un poil oublié qu’est Whitesnake, pas tout à fait Deep Purple, pas complètement Rainbow, mais fantastiquement énorme. Les vieux albums sont géniaux, les duels épiques Mardsen/Moody sont à ranger parmi les plus frénétiques moments de la guitare hard-rock. La voix du maître posée là-dessus, c’est simplement magnifique. Et c’est un fan de Vader et de Decapitated qui parle. Pour ceux qui connaissent pas Decapitated, c’est du death-metal qui décapite (d’où le nom). Rien à voir avec Coverdale, vous me direz. D’autres sensations, ça c’est sûr.


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